lundi 19 octobre 2009

"Ma vie, c'est un bon 12/20"

Quand tout va mal - Oui, parce qu'un mal ne peut pas se déclencher tout seul dans son coin. En général il invite ses potes pour mieux se défouler. Sûrement qu'ils font tous ensembles une sacrément longue partie de basket, et la balle rebondit contre les parois de ton cerveau. - ... bref, quand tout va mal, on peut chercher des méthodes pour que tout aille mieux - ou qu'un des maux se pète la gueule en courant et qu'il se casse bien méchamment les deux jambes. Les conseils en la matière sont nombreux.

- « Relativise ». Einstein, qui n'était tout de même pas le dernier des connards, l'avait lui même constaté : « Tout est relatif ». Sur le papier, relativiser a plutôt de la gueule : se poser cinq minutes, confronter sa situation avec celle d'autrui – autrui étant de préférence clodo, enfant-soldat ou en phase terminale de cancer (ou enfant-soldat clodo en phase terminale de cancer) – et constater sa chance. Oui, sur le papier ça a de la gueule, mais j'ai constaté que le relativisme, « aucune opinion n'est vraie absolument », ne marche qu'à échelle temporelle réduite. Certes, les claques dans la gueule dans le registre « Je pourrais quand même arrêter de me plaindre alors que X, comparé à la mienne, a vraiment une vie de merde » apparaissent, et marquent les esprits, surtout quand on l'occasion de voir la situation d'X de près. Puis on oublie, ou peut-être juste, on s'en fout. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'on est des petits individus autocentrés et que nos problèmes monopolisent toute notre attention de petits individus autocentrés qui recherchent leur propre bonheur avant tout. Cruel.

- « Profite des petits bonheurs de la vie. » Cette recommandation se décline aussi selon les adages « Fais des trucs pour penser à autre chose » ou le bien plus philosophique « Vis l'instant présent ». Bouddha, qui n'était pas non plus le dernier des connards, n'aurait-il d'ailleurs pas dit : « Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent » ? (Si elle l'a compris, nous aussi we can). Si clamer profiter des petits plaisirs de l'existence est une chose horrible nous en conviendront, avouons cependant qu'on tient là un truc absolument essentiel. Je reste ainsi encore admirative devant les gros menteurs les génies qui vivent essentiellement au présent. Mais le
maintenant me paraît bien faible face au si. (Si on enlève le Scrabble de l'existence. Au Scrabble, l'un fait 12 et l'autre 2).

- Le nihilisme.

Moi, ça va sinon, j'ai un stage à Rio. "Ce soir, ma vie, c'est un bon 12/20".

samedi 3 octobre 2009

La vie régulière, en société, est remplie d'imperceptibles et essentielles irrégularités. Imperceptibles, car elles se produisent souvent à l'intérieur des corps et des cerveaux, ne changeant ainsi pas le cours visible des choses. Essentielles, parce que ces modifications cachées constituent une énorme part de la réalité de ce bas-monde - la réalité banale étant celle immédiatement offerte. Une moiteur ; un rougissement ; un regard... (bienvenue sur le blog d'Amélie Poulain :/) ou une simple perception, dans l'air ambiant, que quelque chose se passe. Autant de détails, qui, lorsqu'on a la chance ou du moins l'envie de les déceler, sont espérés ô combien révélateurs - et bien souvent on se goure complètement sur leur signification.

Cool altérité? Cool altérité.

mardi 25 août 2009

Rien ne sert de courir...

Je suis une fille rapide. J'apprécie le vite fait-bien fait, je n'aime pas vraiment attendre, ça m'énerve quand des choses qui pourraient prendre 5 minutes en prennent 15, j'anticipe, bref, vous m'avez compris - je suis une sale européenne stressée. Mais il y a une chose pour laquelle la règle générale devient presque, pour moi, une abbération. Une chose pour laquelle traîner en longueur est plutôt délicieux. Je voulais partir en métaphores mais je crois qu'elles manqueront inévitablement de subtilité, alors allons-y, mettons les pieds dans le plat : je veux faire ici l'éloge du sexe lent. L'acte sexuel réalisé à un rythme peu soutenu, oui. Pourquoi ?
Il y en a qui lisent les dernière pages d'un livre avant de l'avoir terminé ; c'est cool de savoir la fin, mais on rate alors la moitié des évènements. On pourrait aussi prendre un télésiège pour aller au sommet du Mont-Blanc : certes, l'horizon resterait magnifique tout en haut, mais on perdrait tout l'intérêt d'avoir, difficilement, gravit la montagne. (Voilà donc que je repars en métaphores subtiles, donc). Par sexe lent j'entend le presque là, qui retombe aussitôt, qui revient instantanément, la pause. Par sexe lent j'entend des mouvements langoureux, des caresses, pleins, de l'attente, de la frustration presque. C'est quand même vachement mieux d'avoir la jolie vue finale, j'entends bien. Mais le sexe lent développe la magie du truc, quelque chose qui n'existe pas quand on bourrine (classe). Le sexe lent c'est beau ; ça ôte tout le côté bestial de l'acte, le sensualise à l'extrême, l'intellectualise presque, demande de la concentration et de l'écoute, du silence ; le sexe lent, c'est pas facile, c'est presque prouver sa considération. Ouais, baiser lentement c'est faire l'amour, véritablement.

(Oh, et puis, chacun fait comme il veut, hein. C'est juste une suggestion).

lundi 27 juillet 2009

Brasil.

Salvador de Bahia, Brésil. Il y a des situations qui reviennent, qui ne diffèrent guère de celle des autres lieux exotiques où j'ai décidé de vivre pendant un temps. « Où j'ai décidé de vivre pendant un temps » ça fait très formel ça tiens.
Comme par exemple : « Et pourquoi le Brésil ? ». Question récurrente du choix de la destination, posée par n'importe quel touriste de base, tout autant saoûlé que moi par la dîte demande, d'ailleurs (mais quand on ne se connaît pas, il faut bien commencer la conversation, voyez-vous). « Et pourquoi la Norvège ? ». « Et pourquoi le Mexique ? ». Question à la con, tiens. Comme si on devait avoir une explication raisonnable et sensée pour tout.
Ou alors, la sensation d'être étrangère. Voyager à Salvador de Bahia c'est presque une grosse économie en billet d'avion : deux continents, l'Amérique Latine et l'Afrique, réunis en une seule ville. « J'ai choisi Salvador de Bahia parce que c'est comme Bamako mais en moins pauvre », pourrait être une bonne réponse à la question ci-dessus. Sensation d'être étrangère, disais-je donc : une tâche blanche au milieu d'une marée noire, ça se repère vite. Mais ça va t'inquiète.
Le sentiment flottant, frustrant, défiant, et en fait marrant (j'ai rimé c'est fou, c'était presque pas fait exprès) de comprendre environ 40% de ce que les gens te disent. Par « les gens », nous désignons bien sûr les nataux (on s'entend toujours entre touristes, bizarrement). Le problème de toute conversation est que l'interlocuteur attend souvent une réponse. Au pire, une simple réaction. Or entendons nous bien, réagir avec 40% des informations nécessite souvent d'opérer des choix cornéliens. Une première solution consiste à faire répéter la personne qui prend le temps de parler avec nous. Au bout de la troisième fois, il faut se rendre à l'évidence : les mots employés dans la phrase ne font pas décidemment pas parti de notre vocabulaire. Pour ne pas paraître complètement débile, il suffit donc de feindre la compréhension à l'aide d'un « aaaah, ok » accompagné d'un petit rire bienvenu. La deuxième solution (de facilité) consiste à passer directement au gloussement. Attention : pour des raisons évidentes de thème de conversation, cette option peut être dans certain cas fatale. Portugais du Brésil : je ne comprends (pour l'instant) sûrement pas tout ce qu'on me dit,mais je m'éclate avec l'accent. (je pense qu'un stéphanois – par proximité de prononciation -, transexuel - pour l'éxubérance supposée - et bourré -parce que « Alcohol improves my foreign langage » - serait capable d'atteindre de très bons résultats).
Autre similitude : les gens beaux. « La France le pays des gens beaux », je ne sais pas d'où cette réputation sort, mais j'ai envie de dire « MON CUL » ouais. (l'expression « mon cul », pas « ça sort de mon cul ». Pardon, c'était facile et pas drôle, je crois). Les filles mexicaines ont des cheveux magnifiques, des traits de petites indiennes splendides. Les norvégiens sont de nordiques mannequins blonds envahisseurs des rues. Les brésiliens n'échappent pas à la règle. Les brésiliennes transpirent l'Activia (n.b. : « je suis bien dans mon corps ») et truc de fou, elles ont quasiment pas de cellulite OUAIS, j'ai bien matté sur la plage. Ce fléau a épargné un peuple. Brésilienne, tu es l'élue. Un brésilien qui danse la samba et qui est un peu, voire totalement noir, est tout aussi sen(sex)suel. N'éxagérons rien tout de même : le nombre de kékés est impressionnant et le fait qu'ils soient toujours à moitié à poil doit y jouer pour beaucoup. Mais je dirais tout de même, pour conclure ici : vive le métissage. (et les badges « touche pas à mon pote » aussi).

vendredi 26 juin 2009

Désolé si c'est incompréhensible. Je relis pas, autant laisser le truc brut, comme ça.

4 ans et 4 mois. 4 ans. Allez, dans les circonstances peut-être 3, je te l'accorde. Tu es encore tellement important dans mon imaginaire. L'imaginaire c'est l'imaginé, c'est la nostalgie du passé et le fantasme du futur. C'est un peu la vie hors-présent, une grosse partie du temps, donc. Tu conditionnes plein de trucs, je me demande si moi aussi. Je me demande si je peuple ton imaginaire comme tu peuples souvent le mien. J'ai besoin d'un autre toi, d'un autre 4 ans et 4 mois, peut-être 3 je te l'accorde. Enfin le temps importe peu, je crois que j'ai juste besoin d'un autre. Ou peut-être seulement de quelques fantômes. Tiens, qu'est ce que tu fais en ce moment? Moi, en ce moment, je te déteste parce que tu arrives encore à faire couler les larmes un an après, mais en fait, je ne te maudis pas trop, je pense que c'est surtout moi qui aie un problème. C'est plutôt moi que je déteste parfois, de trop me plaindre à moi-même, sans en parler à personne, bien sûr, je ne suis pas comme ça et puis j'ai bien trop peur de perdre les gens. Ce que je regrette, c'est que l'idée de la construction, de la solidité, du là-avec-moi, tout ce qui m'avait fait du bien et qui s'est détruit en même temps que toi, oui, cette idée là en a pris un sacré coup. Tu vois, tu m'as conditionné. Ok j'éxagère. Tu as juste dû renforcer des tendances, c'est moi qui me débrouille mal. Un courant d'air et tout peut s'écrouler. Le loup qui souffle sur ma maison de paille j'en ai peur et pas seulement dans ma chambre, mais aussi dans les autres pièces. Mais j'ai commencé à rassembler les briques, et j'y arriverai crois-moi, un jour j'aurai une belle maison rouge, avec des fondations robustes, une bonne barraque stable et équilibrée à l'extérieur, et que je pourrais remplir de trucs débiles et jolis à l'intérieur. Le loup aura beau s'époumonner dessus, elle bougera pas d'un poil.

mardi 9 juin 2009

Le Top 5 des meilleures chansons (et vidéos) latinoaméricaines.

Pardon d'avance pour cette sureprésentation du Pérou, le Machu Pichu doit éveiller la création.


Numéro 5 : PÉROU
Amapolita de Arahuay
Quiero Brindar
Sous fond de croix nazie taguée sur la cloche de l'Église, Amapolita souffre. Non, pas pour ces salops de fascistes. Le totalitarisme antisémite, Messieurs et Mesdames, on n'en a rien à foutre lorsqu'on est confronté à une peine de cœur. Amapolita vient tout juste de se faire larguer. Et elle est triste, ça je peux vous le dire, ça se sent rien qu'à sa voix - légèrement chevrotante certes, mais c'est le désespoir qui fait ça. Une seule solution : se bourrer la gueule avec ses copines à la bière. ALLEZ.



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Numéro 4 : PÉROU
La Tigresa del Oriente
Un nuevo Amanecer
Après tant de tristesse il nous fallait bien un petit remontant. La Tigresa del Oriente arrive donc à point nommé. Tant que Dieu te donne la santé, profite en pour être heureux et donner de l'amour, nous dit-elle : ça ne pourrait pas être plus clair. Je ne sais pas pour autant si je choisirais de donner de l'amour en m'habillant en félin putassier, mais sur elle, ça marche incontestablement. Je dois avouer, j'ai un petit faible pour la Tigresa. Elle y va à fond, elle a pas peur. Elle a 65 ans et c'est la deuxième artiste la plus connue du Pérou. Ouais rien que ça. Et puis, j'aimerais bien savoir bouger mon boule comme ses danseuses.



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Numéro 3 : MEXIQUE
Climax
Za, za, za
ATTENTION aux épileptiques : ce clip aurait aussi pu figurer dans un Top 5 "Les vidéos Youtube qui font le plus mal aux yeux". Chez Amapolita de Aruhuay, ou chez la Tigresa, il y avait un certain message à diffuser, une sorte de valeur à faire passer. Climax nous prouve une fois de plus que les meilleures chansons restent les moins engagées. Za za za Yacuza Yacuza : amis francophones ne cherchez pas, même en espagnol ça ne signifie absolument rien. Vous me rétorquerez que Mesa que mas aplauda le mando le mando le mando la niña (= la table qui applaudit le plus je vous envoie la fille) veut dire quelque chose. D'accord. Une bien belle histoire de fête mexicaine comme on les aime, en somme.
(vous remarquerez à la fin du clip cette magnifique énumération des provinces et villes mexicaines, de quoi améliorer votre géographie)



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Numéro 2 : PÉROU
Wendy Sulca
Papito
J'ai eu beaucoup de mal à choisir la chanson, je ne peux que vous conseiller de les regardez TOUTES.
Papito raconte l'histoire d'une petite fille, WENDY SULCA, qui regrette l'absence de son père décédé, FRANKLIN SULCA. Des prénoms bien péruviens si il en est. J'apprécie beaucoup dans cette chanson, comme dans la suivante d'ailleurs, la dichotomie entre le thème (la mort), l'horreur des paroles (Papito, porque me dejaste tan pequenita? Hoy, te busco por todos lados y no te encuentro...= pourquoi m'as-tu laissé si petite? Aujourd'hui je t'ai cherché partout et je ne t'ai pas trouvé... ), voire la réalité du Pérou (les images du cimetière, ça donne envie de mourir là-bas tiens) et l'ambiance ultra-joviale de la musique. Tout le monde peut crever, Juan continuera de jouer de la harpe en souriant. A la fin, c'est carrément la fête dans la choré. Oui, c'est ça qui est beau.



(pour ceux qui comprennent l'espagnol, voici une analyse très méchante de cette chanson)

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Numéro 1 : ÉQUATEUR
Delfin Quishpe
Torres Gemelas

J'ai mis Delfin Quipshpe en première position pour plusieurs raisons.
D'abord parce qu'il vient d'Équateur et que y en avait marre du Pérou.
Ensuite pour récompenser son jeu d'acteur.
Pour sa maîtrise totale des incrustations, fondus et autres techniques de montage.
Et enfin parce qu'il est le seul à nous proposer un mélange de techno et de cumbia, un beat entraînant s'il en est.
Je pense que vous comprendrez le thème par vous même.


lundi 8 juin 2009

Joie et gaieté.

Il existe une pensée commune, acceptée à peu près par tous, qui clame qu'une personne qui a tout compris à la vie n'a aucune inquiétude par rapport à la mort. Les vieux, qui ont bien vécu, se disent sereins sur le lit du « grand voyage ». Vous remarquerez d'ailleurs l'inventivité sans limite de l'être humain quand il s'agit d'imaginer des formules sympas pour remplacer le mot simple, cru et au final un peu flippant qu'est « mort ». Nuit éternelle, il s'en est allé, la faucheuse l'a emporté (quelle horreur celle-ci, tu parles d'un euphémisme ouais), il nous a quitté... Il y en a quand même un que j'aime bien : s'éteindre. Vie = allumé, Mort = éteint. Aussi simple qu'un interrupteur. Je veux bien qu'on dise « elle s'est éteinte » à mon enterrement, ok?
Confiance et tranquilité face à la mort, donc. Euh ouais, ok. Moi, ça m'a toujours angoissé. Depuis l'enfance, je trouve ça pas sympa, la mort. Je me rappelle quand j'étais petite où, au milieu de la nuit, j'ai réveillé ma mère pour lui demander ce qu'il se passait, une fois qu'on arrêtait de vivre. Et puis, plus tard, j'ai eu des insomnies. Les psys disent que le sommeil est une pulsion de mort et que l'insomnie est une pulsion de vie. Je n'aimerais donc pas passer dans cet état de petite mort quotidienne. Le truc drôle, c'est que si tu ne dors pas pendant un certain temps, tu crèves. Le cerveau humain est un petit débile, tout de même.
C'est même pas vraiment la mort, qui me fait peur. La mort en elle-même ne veut rien dire. Même Épicure l'a remarqué (attention c'est du lourd) : «La mort ne nous concerne pas, car tant que nous existons, la mort n’est pas là, et quand vient la mort, nous n’existons plus.» (logique implacable, merci
Épi'). Je crois donc qu'on a plus peur du vide, la fichue peur du vide infini intersidéral, cette idée du rien à l'infini n'est même pas imaginable, elle me rend malade. Alors voilà, après la vie, il y a rien à l'infini? Rien à l'infini : ça doit être chiant putain.
Aux vues du constat de l'irrémédiable fatalité, les humains ont inventé des parades pour se persuader que mourir c'est chouette, que c'est une formidable opportunité d'accéder au plaisir éternel, à l'expérience d'une vie différente et peut-être meilleure ; toi, oui, toi pauvre paysan opprimé chinois qui a vécu l'enfer durant toute ton existence, garde espoir, car tu auras peut-être la chance de te réincarner en Jennifer Lopez. (Un exemple parmi d'autres). Il y en a qui y croient. Au Paradis, à la palingénésie (vous venez d'apprendre une synonyme pour réincarnation, vous pourrez désormais briller en société), aux esprits, bref au genre de trucs qui passaient dans Mystère. Je ne sais qu'en penser.
Je sais juste que la maison qui saigne ça fait vraiment trop flipper. Et puis l'idée de la vie éternelle est pour moi toute aussi effrayante que celle d'une mort prématurée.
Alors voilà, j'ai réfléchi. Et je ne vois qu'une seule chose capable de faire perdurer une partie de moi dans le futur. DES ENFANTS, oui. Dessein narcissique, classique, bête et méchant instinct de reproduction si il en est. Mais c'est pourtant ça. Q
uand tout disparaît, il ne reste bien que la chair de sa chair, intrinséquement liée à nous, par le sang, par l'histoire, par (le fantasme de) l'amour inconditionnel, pour continuer. Et je trouve ça vachement beau.

lundi 11 mai 2009

Nous avons tous des amours honteux.

Pour ceux qui suivent (et je crois que j'ai déjà écrit quelque chose sur le sujet), on vend n'importe quoi dans le métro mexicain. Un jour, j'y ai acheté un disque piraté d'une certaine Sonia López. Aucune idée de l'identité de cette meuf ni de sa musique, je m'étais juste dit qu'une fois au moins, il serait bon de ramener quelque chose des souterrains de Mexico, histoire de pouvoir montrer l'objet de retour en France en clamant d'un air fier et sauvage « ça mec, je l'ai ramené des basfonds de la ville, ouais mec, tu risques ta vie quand tu prends le métro là-bas, imagine, en plus la grippe porcine maintenant, fou » (ou quelque chose de ressemblant). Au final, j'ai bien sûr perdu le cd, unique preuve de mes fantastiques aventures. Il ne me reste plus que des mp3 sur un ordinateur dont je prévois la mort imminente. Mais ce n'est pas l'objet de ce post.

« Nous avons tous des amours honteux ». J'ai décidé, dans un humble élan, de vous présenter le mien. Le destin, en ce moment consumériste (comme n'importe quelle journée au Mexique finalement), fit donc bien les choses : il se trouve que Sonia L
ópez est une chanteuse mexicaine populaire des années 60-70, si appréciée qu'elle a même tourné dans des spots pour Coca-Cola, et Coca-Cola au Mexique dans les années 60-70, c'est un peu comme Orangina en France dans les années 80-90, vous voyez, c'est dire. Sonia López chante ce qu'ils appellent là-bas la « musique tropicale féminine » : de la salsa lente, pour faire court. Elle se déclare elle-même comme « une chanteuse du peuple ». De l'ancien, de l'insulaire, du populaire : il ne m'en fallait pas moins pour me faire aimer Sonia López d'un tendre amour.

Comment vous expliquer. S'il n'y avait pour moi qu'une manière de découvrir un pays et une culture, ça serait par la musique (+ la bouffe, et éventuellement à l'horizontale, les intéressés se reconnaîtront). Et bien, toute la couleur du Mexique semble avoir été filtrée dans les chansons de notre proche du pueblo. Les paroles crient l'amour et le désespoir et la passion oui, mais l'amour et le désespoir et la passion mexicaine, j'y vois le soleil agréable d'avril et les pluies diluviennes de juin. Sonia López nous raconte des choses tellement évidentes qu'elles n'ont pas besoin d'être enrobées dans des figures de styles compliquées pour nous atteindre vraiment. Ok, j'avoue, le tout est très sentimental, voire cul-cul. Mais c'est n'est pas de sa faute si celui-là l'a quitté pour une poignée d'or, ou que son cœur se meure pour un autre. Sonia López se doit de pleurer ses amours déçus pour ne pas crever de douleur (c'est ma théorie ; en vrai elle fait sûrement ça pour gagner de la thune, soyons réalistes). Bref. C'est une jolie musique, au charme désuet, qui se chante dans une chambre, en fronçant les sourcils.

Des petites paroles (si vous ne comprenez pas l'espagnol... tant pis pour vous).
De amor es mi negra pena
de amor es que estoy sufriendo
valor le pido yo al cielo
y a dios que me de consuelo
no debo pensar siquiera
que pagues maldad tan grande
yo puedo sufrir mi pena
y no pensare vengarme
si judas mintio besando
y dios perdono llorando
que puedo guardar en mi alma
si no es mi dolor
de amor es mi negra pena
de amor es que estoy muriendo

(Je vous avais dit, elle souffre.)
Mais regardez comme elle est belle :


Regardez bien, parce que je crois qu'elle est plutôt dégueu maintenant.



Voilà, c'est fini, maintenant vous pouvez vous foutre de ma gueule. :)

jeudi 30 avril 2009

C'est beau.

"Nous vivons des myriades de secondes et pourtant, il n'y en a jamais qu'une, une seule, qui met en ébullition tout notre monde intérieur : la seconde où la fleur interne, déjà abreuvée de tous les sucs, réalise comme un éclair sa cristallisation - seconde magique, semblable à celle de la procréation et comme elle, cachée bien au chaud, au plus profond du corps, invisible, intangible, imperceptible -, mystère qui n'est vécu qu'une seule fois."

Sweig - La confusion des sentiments.

mercredi 29 avril 2009

Machin pas trop facile à comprendre.

Pendant de nombreuses années, la personne, cette mienne, a habité mon quotidien. Aujourd'hui, elle n'existe plus. Je dois faire sans elle : c'est doux et amer à la fois.

Il faut savoir que
la personne n'est pas mienne tout de suite. Au départ, elle n'est encore qu'une. La simplicité du processus du transformation de l'une en cette est pourtant désarmante. Résumé.

Une personne, un jour, entre en scène dans notre espace. L'avoir près de nous devient, petit à petit, délicieux. Intervient ensuite la confusion des corps, c'est à dire le moment où l'impossible étrange devient exquise connaissance. La phase suivante est celle de la réciprocité de la nécessité, un besoin terrible de voir, de sentir, de toucher. Il se trouve alors que la personne me fait confiance parce que je lui fais confiance, me sécurise parce que je la sécurise, sait tout de moi car je sais tout d'elle. Une profonde mutualité s'installe, la plus importante : celle de l'esprit. On peut le dire, l'
une est devenue cette : c'est fabuleux.

Il arrive alors, devant un tel constat de bonheur, que ces deux personnes se fassent des promesses. Bien que personne n'y croie vraiment, ces dernières sont primordiales. On se jure en général l'inconditionnalité, la générosité, et l'avenir. Il se construit, ensemble, pendant quelques plusieurs mois. On peut le redire : c'est fabuleux.

Et puis un jour, les choses évoluent. Parfois, la réciprocité de la nécessité diminue. Il est également possible que l'une des deux rencontre un autre impossible étrange, une autre inconditionnalité, un autre avenir à découvrir. D'autre fois, disons juste que ça foire sans raison. Sans raison : personne n'y croit. Mienne doit alors redevenir une comme toutes les autres, même si elle ne le sera jamais complètement.

Et le cycle continue, encore et encore.

lundi 27 avril 2009

Statistiques.


Un bilan chiffré de la journée s'impose.
30 : nombre de minutes passées bloquée dans un ascenseur. Incivilité.
1 : nombre approximatif de mètres cube du dit ascenseur. Promiscuité.
3 : nombre d'amis m'accompagnant dans cette aventure. Fraternité.
1 : nombre approximatif de pets lâchés par les dits amis. Immoralité.
1 : nombre de roues arrières de vélo crevées. Contrariété.
1 : nombre de sosies de Francis Lalanne croisés dans les transports en commun. Sensationnalité.
45 : nombre de minutes passées à attendre une amie à Guillotière. Hilarité.
3 : nombre de mails importants retournés à l'expéditeur. Incompatibilité.
2 : nombre d'épisodes de My name is Earl que je vais regarder tout de suite. Pour oublié.

dimanche 26 avril 2009

Conte de la folie ordinaire.

Penser au nombre d'inconnus que l'on croise dans une journée, et qui resteront à jamais, des anonymes. Des centaines de visages qui passent sous nos yeux et qu'on ne reverra plus. La ville ressemble à un grand flottement : des corps qui marchent sans se fixer à rien. Au milieu de cette absurdité, nous nous saisissons parfois. J'ai encore en mémoire l'image de quelques étrangers croisés dans le métro, ici et ailleurs. Des individus qui m'ont frappé par leur beauté ou leur singularité. Je pourrais décrire avec exactitude leur traits, leurs expressions, leurs comportements. Ils ne me connaissent pas, je ne les connais pas, des milliers de kilomètres et un mur de silence nous séparent. Et pourtant ils existent pour moi, presque indéfiniment, dans un bout de mon cerveau. L'idée est folle.

mercredi 22 avril 2009

Ennui.

Il y avait une lumière de fou hier soir. Comme si Dieu avait mis une lampe orange sur la Terre. Dans ces cas là, j'ai l'habitude de prendre mon appareil photo, de sortir et de faire de belles images. Au Mexique et en Norvège je le faisais beaucoup, Dieu était plus enclin à arroser ces coins-là de couleurs cheloues. Bien sûr quand je mitraille ça ne donne jamais rien, parce que je ne sais pas utiliser un appareil photo. Mais ça calme mes relents artistiques sporadiques. J'ai des relents artistiques sporadiques. Il y a quelques semaines, après 10 ans passés sans toucher un bout de terre glaise, je me suis remise à la poterie. Quand j'étais petite, dans mon cours de la MJC de Soucieu-en-Jarrest, je moulais des boîtes à bijoux pour Maman et des chiens. Maintenant, j'essaye de faire des têtes. Non, ça ne donne pas grand-chose. Mais la sensation est excellente : pouvoir de créer le visage et l'expression, pouvoir de les changer en un mouvement. Tu avais l'air contente, maintenant tu es triste. Et bam, je te rajoute quelques rides parce que les années ont passé très vite. Faire de la poterie, c'est un peu comme être Dieu. Mais sans lumière orange.

vendredi 17 avril 2009

"Le monde est un spectacle à regarder et non un problème à résoudre." Il paraît. C'est J. de Gaultier qui l'a dit. Non, je le connais pas non plus.

J'ai un problème. J'ai tendance à un recul instantané sur les choses que je vis. Je vois les instants les plus graves avec un regard extérieur. Parfois j'ai l'impression de ne pas avoir d'œil ; juste une caméra. Je filme et je mets des sous-titres en direct. Hier, par exemple, dans un moment critique, j'ai pensé que j'étais dans une scène de film. C'était intense, voyant, et grandiloquent comme à Hollywood. Le décor : la terrasse d'un bar d'une grande ville européenne. L'endroit est simple, seule une famille consomme tranquillement. Du soleil et un vent violent. Les personnages : un couple d'environ 25 ans, visiblement tendu. Prélude : la jeune femme vient d'annoncer à la moitié qui l'accompagne la fin de leur histoire. Celui-ci a un coup de sang et un grand besoin d'air. Les deux sortent et atterrissent à l'endroit sus-cité, devant un verre de bière. S'ensuivent les explications. Psychologie des personnages : l'homme est dans une phase de furie. Il a besoin de tout lâcher. La fille ne dit rien. Elle se sent coupable et encaisse simplement les quelques insultes qui pointent. Le climax : quand la fille, à force de silence, quitte la table sans prévenir. Crise. « Je ne peux pas rester ici. » Des sanglots, des pleurs, tellement forts que chaque individu présent dans la rue se retourne sur son passage. L'homme est obligé de lui courir après pour la rattraper. La fille ne veut pas de son réconfort, ça la met dans une situation tellement malsaine que ça lui donne envie de vomir. « Laisse moi seule ». Bien sûr, elle finira par être calmée dans ses bras.
Fin du climax. Une vraie télénovela. Des violonistes étaient sûrement cachés derrière le comptoir, prêts à dégainer une mélodie larmoyante.
Parfois plutôt que mes yeux je mets des caméras partout, pour faire semblant que les choses sont drôles. Quand la vie se contemple au second degré, elle est tout de suite plus sympa. En fait c'est moyen drôle, mais ça aide pas mal.

Loin.

J'ai une amie japonaise. Elle s'appelle Miyuki Goda. La première fois que je l'ai rencontré, elle m'a dit « my name Goda, cheese ». A l'époque, elle ne savait pas trop parler anglais. Mais Goda comme le Gouda, c'était facile à comprendre. Dès cet instant, j'ai su qu'elle me plairait bien.

Le grand art des clichés nous enseigne à distinguer plusieurs catégories de japonais. Il y a tout d'abord le japonais timide, qui ne parle pas et qui a des réactions bizarres. Celui-ci aime généralement boire beaucoup d'alcool, ce qui explique par ailleurs son étrange comportement. Il y a ensuite le japonais businessman, l'ambitieux qui parle anglais couramment et passe son temps à travailler. Notons qu'il veut souvent être diplomate. Passons sur l'humble japonais des campagnes, vivant au pied d'une montagne au sommet enneigé. Celui qui nous intéresse est le cosmopolite et fou japonais des villes. Celui-ci voyage beaucoup, si possible en Europe et dans les capitales. Ses destinations de prédilection sont Berlin et Paris. Il reste ultra kawaii en toute circonstance. Il aime en général les peluches et les animaux mignons, mélanger des pois avec des carreaux, et des rayures sur de l'imprimé fleurs. (Avec un bonnet sur la tête si possible). Il fait le V de la victoire avec ses doigts sur les photos. Il dit qu'il faut rire et profiter de la vie qui est trop courte. On sent une sorte de malaise qui se cache, bien profond, dans son petit être, mais il n'en paraît pas grand-chose.

Miyuki Goda est une cosmopolite et folle japonaise des villes. Elle a vécu en Allemagne, à Manchester, à Malte, et, trois ans après notre rencontre, elle m'envoie encore des mails à base de « i am very slowly person like a turtole ». Miyuki Goda est géniale et je veux bien aller au Japon.

dimanche 5 avril 2009

Dans un train au Sud. Une histoire vraie de bon goût.

Une ménagère de moins de 50 ans, mais qui s'en rapproche quand même, est à l'intérieur du wagon avec sa mère, une vieille espagnole. Il y aussi leur clebs à pull qui s'appelle Bobby. La fille est un peu grosse, elle porte un jean large et mal coupé, un T-shirt blanc de mec avec un logo genre Darty dessus, et des baskets qu'elle a dû acheter à Carrefour. J'ai rien contre les baskets Carrefour, mais vous voyez. C'est tout le contraire de sa mère, toute mince et au look certainement étudié, qui vous jette un "j'arrive au 3/4 de siècle mais je veux être jeune et jolie quand même" au visage. Des bottes à talons (dont un à moitié cassé), un pantalon noir évasé, une longue veste en jean délavé à moumoute beige sur le col et les poignets, et deux grandes tresses de cheveux auburn, qui dépassent de son béret en velours. Madame aurait pu poser pour Jennyfer. Le chien, lui, arbore fièrement un sweat à rayures coloré. Son pull lui fait transpirer la classe malgré le fait que ce soit un vieux caniche dégueulasse. Bref, je monte dans le train, contente, je n'ai pas loupé ma correspondance. C'est parti pour un long trajet.
Et là, tout s'enchaîne.
À peine assise, j'entends un « Je suis malade » qui sonne comme une excuse. Ok, je dis. En fait, je dis rien. C'est la vieille qui me parle. « Elle a la diarrhée, elle a mangé des huîtres », explique la fille. « Je me suis fait dessus », rajoute la mère. « J'ai essayé de me laver, mais je suis encore tout sale ». Tout cela en à peine 30 secondes. Il n'en fallait pas plus pour m'achever. Je suis enrhumée, mais j'avais bien remarqué que ça ne sentait pas très bon dans le wagon. En fait oui, ça sent carrément la merde. « J'ai un Imodium dans mon sac, ça pourra peut-être vous être utile». (C'est mon côté hautement hypocondriaque. J'ai toujours quelques médicaments de première nécessité avec moi quand je voyage. C'est à dire environ 10 espèces différentes. On ne sait jamais). La fille me répond que Maman en a déjà pris mais que c'est très gentil. Qu'on me balance d'horribles détails comme ceux là, finalement, m'amuse. Supporter une odeur de chiotte pendant cinq heures, un peu moins. Elles discutent encore de Bobby et des huîtres et voilà le moment du départ. La fille doit repartir prendre un autre train et laisser sa Maman se débrouiller toute seule. Les deux se lèvent, la vieille un peu plus difficilement, elle galère avec son talon pété. Elles se disent au revoir dans l'entrebâillement de la porte. Je ne les vois plus, mais j'entends tout, et surtout les gros sanglots qui s'échappent de la plus jeune. C'est terrifiant. « Maman, Maman, je t'aime, prends soin de toi ». « Ça ira, ça ira, allez », le ton paraît un peu agacé, comme si elle était bien habituée à la scène. La mère répètera au moins cinq fois à sa progéniture de ne pas oublier de composter son billet, pourtant au début c'était plus la première qui m'avait fait l'effet de ne plus avoir toute sa tête. Le train démarre. Entre temps, la fille est partie du quai, puis est revenue deux fois, comme si elle essayait vraiment, mais qu'elle ne pouvait pas s'en aller. Complètement en pleurs, elle frappe à la vitre jusqu'aux derniers instants pour dire au revoir à sa mère. La mère fait quelques signes, sans plus. Quand nous quittons la gare, elle me fait « Elle vit seule, elle se sent très seule ». Je ne dis rien. Il n'y a rien à dire.

Juste que ça sentira la merde les cinq heures durant.

mardi 24 février 2009

Un texte qui commence au passé simple.

Un jour, quelqu'un (ou la section « Centres d'Intérêts » de votre CV) chercha à mieux vous connaître, et vous posa une question qui lui sembla essentielle. Celle-ci pourrait se résumer ainsi : « Alors, qu'est ce qui te passionne dans la vie ? (+ sourire avenant / lignes blanches nécessitant remplissage)». Il y eut alors comme un malaise. Pour ne pas laisser le vide envahir l'espace, vous balbutiâtes quelque chose du genre « J'aime bien la musique, les voyages, et aller au ciné, aussi». Après avoir réalisé que quasiment personne ne détestait la musique, les voyages, et aller au ciné, aussi, vous vous rendîtes à l'évidence : vous n'aviez pas de passion. L'auréole du looser chiant planait dangereusement au-dessus de vous.
Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé. Quand vous étiez petit, Maman vous avait inscrit aux cours de piano, au rugby, au club photo, en se disant qu'il y aurait bien un truc qui attirerait votre attention plus qu'un autre. Vous y passiez un an, vous aimiez bien, puis vous arrêtiez. Pas de prédisposition, pas de besoin de se fixer sur une quelconque activité, pas d'esprit curieux, pas d'idée. Mais une chose est sûre, ce jour-ci, vous étiez resté là, comme un con : vous n'aviez pas de passion.
Passion glorifiée. Elle veut dire se donner corps et âme dans une activité, aimer à tout va, se dépasser constamment. Elle prouve les qualités de quelqu'un d'entier, de vivant, d'intéressé et d'intéressant... Le terme a pourtant pris des proportions qui vont bien au-delà de son cadre initial. A l'origine, comme le dit très très bien wikipedia, passion vient du latin patior signifiant souffrir, éprouver, endurer, autrement dit un ensemble d’états dans lesquels un individu est passif, par opposition aux états dont il est lui-même la cause. La Passion serait même tout ce que Jésus s'est pris dans la gueule avant de mourir sur sa croix. Rien à voir avec le concept actuel, donc.
Être passionné voudrait ainsi dire être aliéné. Dieu soit loué, je suis une femme libérée : je n'ai pas de passion. Non, je n'ai pas d'activité qui monopolise mon esprit et qui me brûle l'estomac du feu ardent du désir quand j'y pense. Je ne sais pas pourquoi. Ce n'est juste pas arrivé. Je me dis parfois que c'est triste parce que ça doit en remplir une sacrée plâtrée, de temps et d'envie. Par contre, il y a des trucs que je kiffe bien, comme taper sur des tambours, cuisiner un bœuf bourguignon ou mater un bon Koh Lanta - cette dernière proposition n'étant pas encore acceptée en tant que passion noble, et ça aussi c'est triste.

Les passionnés en amour sont toujours déçus à la fin. Voilà peut-être une bonne raison de ne pas être passionné.

mardi 2 décembre 2008

Je devrais peut-être essayer la drogue.

Je viens de vivre un truc incroyable.

Je suis dans ma chambre, l'ambiance est tamisée, le moral n'est pas si bas mais pas vraiment haut non plus. J'ai ce qu'on appelle du vague à l'âme, oui, j'ai l'âme qui fait des vagues. Mais c'est plutôt la Méditerranée peinarde que les tempêtes de Bretagne : des vagues qui vous rappellent que même quand on est à la plage et que le soleil brille, il y aura toujours un courant sous-jacent et incessant qu'on arrivera pas à combattre. Bref, dans ma chambre, devant mon ordinateur, j'essaye d'écrire un truc mais j'y arrive pas, même en tentant la technique qui consiste à noter tout ce qui te passe dans la tête. (Vraiment je vous le dis, ça ne donne rien. Je crois qu'il faut toujours avoir une bonne raison d'écrire. Il faut avoir vécu un truc.). Je décide donc de mettre de la musique, je tire un peu au hasard dans mon répertoire tranquillou. Ça tombe bien, j'atterris sur un morceau qui correspond bien à mon état, un truc nostalgique. Je ne suis ni triste ni heureuse, en fait, je suis juste. Avec mes pensées. Je me laisse trainer par mon existence de ce soir.

Et là, un truc incroyable se produit. J'apprécie tellement les premières notes de ce morceau que je ressens une vague de bonheur qui monte soudainement. Je suis tellement touchée, d'un coup, que je sens les larmes au bord des yeux, en ne sachant pas très bien si c'est ma tristesse qui ressort ou le bonheur d'écouter cette chanson. Puis au final je suis tellement heureuse que je me met à chialer bien violent, et à avoir un fou rire, bien violent. Je me dis que c'est trop cool de pouvoir faire ça, écouter et apprécier vraiment une bonne musique, seule. Ça dure cinq bonnes minutes dans cet état, je suis explosée de rire entre deux sanglots, c'est génial. Je me regarde rire, et ça me rend encore plus euphorique, je continue de pleurer. C'est comme un orgasme, une putain de libération. Un éclair au dessus des vagues.


Cet état je le connais très bien, il n'y a normalement qu'une seule chose qui me le déclenche. Mais aujourd'hui, pour la première fois, ça s'est fait avec une putain de CHANSON. Une seule chanson. Un déclencheur magique. Des choses comme ça, je vous jure, ça me redonne confiance en la capacité de survie de l'humanité toute entière.

(le morceau c'est Good Friday de Why?. Chelou.)

lundi 20 octobre 2008

Je peux me tromper, lâche tes comzzzzz.

Pourquoi veut-on partir à l'étranger?
Quand, il y a un peu plus d'un an, j'ai pensé à l'idée d'aller en Norvège et au Mexique, c'était le pied. J'allais voir de nouvelles têtes, de nouveaux horizons, avoir de nouvelles habitudes. Vivre ailleurs, c'était l'expérience ultime. Et en effet, à l'étranger, des problèmes je n'en ai eu aucun. Les jours passaient, faits de petites découvertes, et quand quelque chose n'allait pas ça n'était pas grave, parce que j'étais à l'étranger. Il y a un truc génial qui se passe quand, pour un temps limité, tu ne vis pas dans ton pays : une sorte d'effet rien à battre.

Pourquoi on s'en fout?
Pour expliquer l'effet rien à battre, je m'en référerais à une seule et même idée : l'absence de choix. En effet quand tu es à l'étranger, il n'y a rien à décider. Il suffit juste de suivre un mouvement général. Un exemple : à l'étranger, tu traines avec un peu tout le monde, alors qu'en France, tu dois choisir tes amis. Dans un autre pays, il y a juste à se laisse guider, et le statut d'expatrié excuse beaucoup de choses. Et en fait, c'est agréable.

Pourquoi c'est agréable?
Parce que réfléchissez-y, quel est la première source de vos problèmes lorsque vous êtes en France : c'est bien la décision. Et qui dit décision dit long terme. Alors je ne veux pas me la jouer Transpotting, mais
choose your future : c'est exactement ça. A l'étranger il n'y a pas de futur, parce que c'est une parenthèse, une période délimitée qui se vit au jour le jour.

Pourquoi c'est super craignos?
Parce qu'au final partir c'est, dans un sens, fuir. C'est perdre délicieusement le contrôle sur sa vie pendant un laps de temps. C'est ne rien avoir à construire de durable. Or ce qui me parait le plus important, c'est bien la stabilité. La durabilité des choses. Jean-Louis (Borloo) ou Roselyne (Bachelot) ne pourraient qu'approuver. Moi je trouve que Le Petit Prince l'a bien compris :

Qu’est-ce que signifie "apprivoiser " dit le petit prince ? - C'est une chose trop oubliée, dit le renard. ça signifie " créer des liens... " - Créer des liens ? - Bien sur, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
Vous avez le choix.
Vous pouvez rester en France, décider et construire (j'aime bien l'idée). Ou bien aller à l'étranger, décider de rester et construire (oui parce que vous avez aussi le droit d'aimer un autre pays). Ou alors construire votre vie à base d'enchainements de séjours plus ou moins longs dans des pays étrangers pour éviter d'avoir à décider (à un moment ça risque de vous retomber sur la gueule, je dis attention).Vous pouvez aussi ne pas choisir d'être quelque part et ne rien construire du tout. Et c'est bien légitime.

Pour finir, je n'ai pas dit que partir à l'étranger c'était nul. C'est tout à fait génial de vivre dans un autre endroit. Je dis juste qu'il faut savoir pourquoi l'on part. Et qu'il faut faire attention à l'illusion. Elle est du genre à te faire des coups de pute par derrière, la pute.

lundi 13 octobre 2008

Du travail.

Je me suis remise au baby-sitting. C'est quasiment le seul métier que j'ai exercé, à part une douloureuse réalité de nettoyage de chiottes dans des colonies de vacances, payée 23 euros la journée. Non, je ne souhaite pas m'étaler.
Dans mes expériences professionnelles, il y a d'abord eu Maïtena, 4 ans et demi. Maïtena c'était un peu la gamine que tout le monde aurait voulu avoir. Elle était trop belle, trop rigolote, et quand on me demandait si j'étais sa mère je voulais dire oui, même si j'avais 18 ans.
Puis vint le tour de Lune, 3 ans. « Lune » déjà. J'aurais dû m'en méfier. (Celui qui me dit que Maïtena c'est pas mieux, je lui casse la gueule. C'est beaucoup mieux). Ses parents avaient manifestement trop lu Dolto,
« le bébé est une personne à part entière » enfin vous voyez. En fait non je connais pas trop Dolto, mais ça fait bien de mettre des références, tout ça pour dire que Lune c'était un peu l'enfant roi et qu'elle pétait sérieusement les couilles.
Mais Héloïse est arrivée. Du haut de ses 2 ans et demi, c'est une meuf plutôt tranquille. Elle dort le soir un quart-d'heure après mon arrivée et a la délicatesse de faire seulement pipi dans ses couches. Elle me fait gagner 16 euros tous les Mardi soir et je l'aime bien. Sur un post-it dans sa cuisine, j'ai vu marqué « guide bon plan / guide malin : Alice baby sitter » suivi de mon numéro de téléphone. Je suis un bon plan, que cela soit considéré pour dit.
Et puis les boulots étudiants, ça fait diversion. En plus de nous filer de la thune, ils sont censés représenter un travail affreux et ingrat qui nous rappelle que faire des études c'est primordial, c'est ça? Oui ok. Comme la majorité des élèves qui passent déjà leur quatrième année sur les bancs des amphis de l'IEP, j'ai besoin de m'en souvenir. J'ai besoin de savoir pourquoi j'apprends pour la troisième fois l'histoire des États-Unis, pourquoi j'ai des doutes existentiels sur ma future branche professionnelle, et comment je vais arrêter de réfléchir à des débats théoriques et y aller à un moment, quoi. Mais c'est la CRISE mes amis. Alors je ne me plains pas. Je veux juste tenir dans ma main le sacro-saint diplôme.