vendredi 13 juin 2008

On ne vit en fait que pour quelques instants, intenses et privilégiés, le reste du temps on attend ces moments-là.*

*Edgard Faure.

Brel chantait
Madame promène son cul sur les remparts de Varsovie. (oui, je suis très vieille chanson française en ce moment, vous me pardonnerez). Moi, je promène mon cul dans le Club de riches du bord du lac de Valle de Bravo. (oui, ça claque tout de suite moins rythmiquement, vous me pardonnerez).
Le fait d'avoir un ami privilégié me fait vivre des moments privilégiés. Lorsque cet ami et moi nous rendons dans une boutique, on parle en anglais au pauvre animal, les gens croyant qu'il est comme moi étranger. Je déteste ça, imaginez pour lui. Mon ami privilégié descend d'une famille espagnole, c'est un peu un conquistador, "la part des enfoirés du Mexique" comme j'aime lui rappeler. Bref, il est blanc ET mexicain, et son Papa travaille dans le milieu financier. Ce que je veux dire, c'est que son Papa a plein de thunes. Ce qui signifie donc le luxe.
Un jacuzzi, une Madame qui est là dans ton chez toi pour te faire tes quesadillas (la Madame, elle, a bien une gueule d'indigène je vous rassure), des toilettes où l'on peut se torcher en admirant une vue imprenable sur un magnifique lac entouré de montagnes, lac à visiter plus tard à bord du petit bateau privé de la famille. Sinon tu peux aussi prendre le mini-avion personnel conduit par Papa qui t'emmènera en deux heures dans la deuxième maison de campagne à Puerto Vallarta, côte Pacifique.

Quand mon ami privilégié et moi nous sommes revenus du village de Valle, ce Papa m'a demandé ce que j'avais acheté. Peut-être que je n'y étais pas allé pour acheter des trucs, aussi. (Bon en l'occurrence J'AVAIS ACHETÉ DES TRUCS OK. Des mangues et d'autres fruits, pour les ramener à Mexico la Ciudad. Les fruits du marchés sont toujours meilleurs. Un jour, je ferai un article sur les fruits mexicains, ma nouvelle raison de vivre depuis les quatre mois que je suis ici - et ma future raison de dépression profonde à mon retour dans nos contrées si peu exotiques).

Le ton paraît critique. Je ne me plains pas. Mon ami privilégié est ultra cool. Il dit que si quelqu'un veut devenir vendeur de chaussure, il faut qu'il devienne vendeur de chaussures. Vous avez vu, il est très philosophe. C'est comme un vrai mexicain foncé qu'il va au Salon Corona boire sa bière et manger ses tacos. Parfois il rigole sans raison apparente. Quand je lui demande pourquoi, il me répond que c'est parce qu'il est heureux. Les mexicains sont comme ça. C'est un vrai mexicain de la bonne part du Mexique, pas de doute.

5 commentaires:

Nat pepeR a dit…

Eh bien dis donc. Ouaaaah

* Raphaële * a dit…

c'est super beau ce que tu racontes là... ça me parle beaucoup!
les contrastes dans les pays pauvres... c'est enrichissant d'observer tout ça!

Anonyme a dit…

Frutas y jacuzzi, "mi amigo privilegiado"....Haha!.....Ay Margarita.

Unknown a dit…

Chouette. Un peu énervant mais trés joli.

Anonyme a dit…

C'est marrant ça me rappelle des amis égyptiens ...

Marie